Quatrième de couverture

« L’holocauste n’a jamais existé », « les Juifs sont à l’origine de tous les problèmes », avait scandé dans une vidéo le terroriste néo-nazi de Halle (Allemagne), juste avant de commettre un attentat devant la synagogue le 9 octobre 2019. Le négationnisme, terme qui désigne la contestation de la réalité du génocide juif durant la Seconde guerre mondiale, est une évidence pour ces militants extrémistes, appartenant à la mouvance néo-nazie. Le négationnisme est un élément incontournable pour comprendre le « réveil », de surcroît le danger, de ces mouvements néo-nazis. Ancré dans leur idéologie, le négationnisme les déculpabilise de leur antisémitisme actuel. Puisque les négationnistes affirment, haut et fort, que le génocide des Juifs est une supercherie de l’histoire, les Juifs ne sont plus des victimes de ce crime, mais des menteurs ; les passions nazies, non seulement ne sont plus coupables, mais elles sont légitimes.

C’est la première fois qu’un ouvrage observe et analyse le négationnisme dans sa dimension internationale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à nos jours. Exhumant des archives de France, d’Angleterre, d’Allemagne, des États-Unis et du Canada, l’historienne Stéphanie Share, qui durant dix ans, a travaillé aux cotés de Pierre Vidal-Naquet, a enquêté sur l’émergence d’un négationnisme international, sa pénétration dans la sphère publique des démocraties occidentales, et présenté les réactions politiques, institutionnelles, juridiques, associatives, médiatiques, intellectuelles face à ce phénomène.

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, philosophes, historiens, professeurs d’universités ou chercheurs accusent les Alliés, d’autres historiens, les Juifs et l’État hébreu d’avoir inventé le génocide des Juifs. Ce qui aurait dû être considéré comme de folles allégations, a au contraire, instillé un doute sur la véracité du crime nazi. Pourquoi la question de l’existence des chambres à gaz a-t-elle acquis une forme de légitimité ? Pourquoi des magistrats ont-ils été convoqués au tribunal de l’Histoire ? Pourquoi des survivants ont-ils été sommés de prouver des faits déjà reconnus quelques années auparavant ? Comment le négationnisme, suscitant controverses et oppositions, a-t-il envahi le débat au point que les autorités diligentent des actions publiques ?

 

L’analyse des scandales négationnistes qui ont défrayé la chronique de ces différents pays met également en lumière la naissance d’une idéologie où l’antisémitisme et l’antisionisme sont étroitement intriqués, et où le « brun » (de l’extrême droite) se lie au « rouge-vert » (rouge de l’extrême gauche, vert de l’islamisme). En mettant en évidence l’apparition et la construction de ces phénomènes, Stéphanie Share alerte sur l’urgence qu’il y a, à déconstruire le succès médiatique des négationnistes.