12 mai 2019 –

Alors que la campagne électorale pour les européennes 2019 bat son plein, plusieurs lanceurs d’alerte écologistes dénoncent avec véhémence depuis quelques jours, le mépris de certains à ne pas réaliser le danger d’un changement climatique.

Ainsi l’exemple de Claire Nouvian, militante écologiste française, ancienne journaliste, réalisatrice de documentaires animaliers et scientifiques, et présidente de l’association BLOOM, qui déclare sur Twitter le 7 mai 2019 :

 

Tous parlent de « négationnisme climatique », mais ils ont tord.

Entendez-moi bien, les faits sont là. Nous sommes dans un changement climatique gravissime avec des conséquences multiples tout aussi importantes. J’ai bien entendu le 13 novembre 2017, les 15 000 scientifiques de 184 pays qui ont signé un appel contre la dégradation catastrophique de l’environnement . L’alerte doit également être entendue par les Grands des Nations, et chacun d’entre nous. Des mesures drastiques doivent être prises pour éviter à notre terre l’inévitable.

Cependant, s’il y a quelques années, une boite de pandore s’est ouverte, le terme « négationnisme » s’est popularisé, généralisé, et il a perdu sa définition première. Cette perte va jusqu’au point où ne savons plus très bien ce que le terme signifie. Ne serait-ce qu’une négation, une banalisation d’un crime, d’un fait ? Et maintenant, on parle d’un « négationnisme économique, colonial, climatique »… L’indécence se trouve aussi sur le « Premier Magazine juif sur le Net » avec comme titre : « Un négationnisme culinaire » (28 décembre 2017).

Mais ont-ils une fois ouvert un livre d’un négationniste, un vrai, abject, pour se permettre d’utiliser ce terme ? Ce n’est qu’un mot, vous me direz, pourquoi ne pas l’appliquer à d’autres phénomènes ? Certains justifient même son utilisation ainsi :

« Emparons-nous du poids des mots ! Au risque de choquer ? Oui ! Il est plus qu’urgent de réaliser les dangers qui nous guettent et de pouvoir les nommer. Ce choix de « négationnisme climatique » est justement opportun dans ce sens. Les horreurs perpétrées durant la Seconde Guerre mondiale seront gravées à jamais en nous et ce terme est la pour nous rappeler la gravité que représente toute négation de la réalité de la Shoah. C’est avec le plus grand des regrets que je pense aujourd’hui qu’il nous faut réutiliser ce terme dans le cadre du changement climatique. » (Seb193 – blogs.mediapart.fr – 10 mai 2017).

Puis, l’auteur de cet article sous entend que les conséquences de ce changement climatique entraînent des génocides tout aussi importants que la Shoah. Il ajoute alors : « La Crise en Afrique de l’Est et à Madagascar, due en partie au phénomène El Nino (pour l’actualité immédiate), est-ce une réalité plus acceptable que la Shoah, moins choquante? Je ne le pense pas ».

Il n’est d’ailleurs pas le seul : les militants anti-avortement dénoncent le génocide de fœtus comparable à la Shoah, comme les associations anti-abattoirs évoquent un génocide sur les animaux. Car effectivement, le problème sous-jacent réside ici : on dérive rapidement à une banalisation du crime lui-même tout autant que de sa négation ; alors que la gravité de situations ne justifie en rien l’utilisation d’un terme.

Les mots ont un sens et le combat est idéologique. Si nous généralisons le terme à d’autres, nous perdons une force pour combattre le négationnisme, le vrai, sa dénonciation s’en voit alors réduite. Je l’ai déjà écrit : « si tout est négationnisme, plus rien ne l’est ».

Le négationnisme représente la négation de la réalité d’un crime de masse notamment aux négations des génocides des Arméniens, des Juifs, des Tutsis. De même que tout massacre de masse n’est pas un génocide, toute falsification historique et tout fait nié ne sont pas un négationnisme.

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